Inflation: L’épée de Damoclès!

RTL - 04.02.2011, 10:47 | Fir d'lescht aktualiséiert: 04.02.2011, 10:55

Lors de son discours du 03.02.2011, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet a mis un bémol important à son discours alarmiste précédant...

1) Un début d’année favorable pour les marchés.

Si les premières journées boursières de l’année furent fort hésitant, la 2me quinzaine de janvier permettaient aux marchés de confirmer l’envol engendré en début décembre. La hausse est confirmée par des très bons résultats trimestriels, des révisions de croissance en hausse et une amélioration générale du contexte économique mondial.

Le thème de l’inflation resurgit suite à la hausse du pétrole et l’envolée inquiétante des prix de grand nombre de produits agricoles de base. La situation en Egypte et en Jordanie impacte négativement l’ambiance boursière, les répercussions potentielles sur le trafic naval dans le canal de Suez, inquiètent les investisseurs et stimulent les spéculateurs !

Des rotations fortes de secteurs s’accentuent. En Allemagne les valeurs bancaires et automobiles l’emportent, aux Etats-Unis c’est le secteur de l’Energie et le secteur de la technologie qui surperforme.

La disparité de performance entre les indices européens et américains a diminué au mois de janvier, les indices américains ayant largement surperformé tout au long de l’année 2010.

Graphique comparatif sur les 6 derniers mois Dow Jones / Cac40 / Stoxx50.

2) Inflation: L’épée de Damoclès !

Lors de son discours du 03.02.2011, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet a mis un bémol important à son discours alarmiste précédant, il a évité de mettre de l’huile sur le feu, les marchés de change ayant massivement réagi à ses prétentions.

Lors de la première conférence de presse de l’année tenue à la mi-janvier, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait surpris par le ton très ferme de ses déclarations sur le risque accru d’inflation. Les marchés avaient crû comprendre qu’un resserrement des vannes du crédit allait peut-être intervenir plus tôt que prévu au cours de l’année.

Avec l’inflation ayant encore monté d’un cran en zone euro au mois de janvier, à 2,4 %, on pouvait attendre hier une mise en garde plus musclée de la part de l’institution gardienne de l’euro. Si les pressions inflationnistes sont toujours observées, principalement à cause des prix de l’énergie et des matières premières, « cela ne modifie pas, pour le moment, notre diagnostic selon lequel l’évolution des prix restera compatible avec la stabilité des prix à l’horizon pertinent pour la politique monétaire », soit à des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme, a déclaré en substance le président de la BCE : « L’inflation va probablement rester au-dessus de 2 % la plus grande partie de 2011, avant de redescendre vers la fin de l’année ».

La BCE, semblant mettre un bémol à son discours alarmiste sur l’inflation d’il y a trois semaines, « cherche à ne pas jeter de l’huile sur le feu ». Une attitude qui peut aussi trahir un « signe d’indécision sur la politique monétaire à suivre ». Les indicateurs monétaires, d’une part, ne l’incitent pas à bouger. Au plan politique, d’autre part, le flou demeure au sujet du renforcement du fonds de soutien à la zone euro que la BCE appelle de ses vœux depuis des semaines.

En comparant la situation actuelle avec le précédent cycle de hausse des taux de 2008, opéré en dépit de la crise financière, on voit plusieurs indicateurs suggérant que la BCE va opter un temps encore pour le statu quo. Par rapport à la situation qui prévalait il y a deux ans, les salaires évoluent aujourd’hui modérément, les perspectives d’inflation sur le long terme demeurent contenues et la BCE a franchi le Rubicon en achetant des obligations d’Etat sur le marché secondaire. Ce faisant, la BCE s’est rapprochée des politiques et sa politique de fixation des taux d’intérêt doit particulièrement tenir compte des pays souffrant à la périphérie de la zone euro. L’institution est désormais assise sur un stock d’obligations souveraines portugaises et grecques, entre autres. Il est resté inchangé la semaine dernière, à 76,5 milliards d’euros. Mais il peut encore grimper, personne n’ayant décrété que la crise de la dette était finie.

Pour toutes les statistiques s’articulant autour de l’inflation en Europe consultez : http://www.ecb.int/stats/prices/hicp/html/inflation.en.html

 

3) Le Japon, sous le poids de sa dette monstrueuse !

L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé jeudi la note de la dette à long terme du Japon, une première depuis 2002, en expliquant que le pays manquait d’un plan cohérent pour gérer une dette en forte hausse. La note est réduite d’un cran et ramenée de AA à AA-, mais elle est affectée d’une perspective stable.

Ce déclassement est une mise en garde aux autres grands pays développés, pays européens et Etats-Unis, lourdement endettés.

Depuis plusieurs années déjà, responsables politiques et agences de notation préviennent le Japon qu’il doit réduire son endettement, de loin le plus important des pays riches. Il représente deux fois la taille de son produit intérieur brut (PIB), qui est de 5.000 milliards de dollars.

S&P, dans un communiqué, estime que les déficits budgétaires du pays resteront élevés dans les années qui viennent, grevant d’autant pour l’Etat une souplesse budgétaire d’ores et déjà limitée. La note à court terme est confirmée à A-1+.

La décision a également eu des répercussions sur plusieurs pays de la zone euro, dont les CDS ont aussi monté, et notamment l’Allemagne dont le coût d’assurance contre un défaut a atteint son plus haut depuis mars 2009.

Par le passé, les marchés ne se sont pas trop inquiétés du niveau élevé de la dette du Japon dans la mesure où son service est bien assuré par une épargne domestique importante. En outre, la dette d’Etat japonaise est peu détenue à l’étranger.